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Notre projet de plaque commémorative homosexuelle au Struthof soutenu par le Secrétaire d'État, Alain MARLEIX

C'est avec satisfaction que l'association Les « Oublié(e)s » de la Mémoire accueille le soutien public apporté par Monsieur Alain Marleix, nouveau secrétaire d'Etat à la Défense et chargé des Anciens Combattants, à nos démarches entreprises pour la mise en place d'une plaque commémorative en souvenir des personnes déportées en raison de leur homosexualité. [Communiqué Ministère de la Défense 17/08/2007]

Pierre Seel, interné, durant 6 mois, au camp de Schirmeck, sera envoyé dès mai 1941, avec d’autres déportés, au camp de concentration de Natzweiler-Struthof (situé à 12 km de Schirmeck) pour la construction des premières baraques. C’est ici, au Struthof, qu’il aurai perdu son ami dévoré par les chiens des SS. C’est devant les caméras de télévision et devant un groupe de jeunes qu’il témoignera de cet assassinat, fin avril 2002, lors de sa visite au camp. Pierre Seel a également déclaré et constaté, face au Mur du Souvenir, situé au pied de la fosse aux cendres du camp, l’absence de la catégorie de victimes homosexuelles de la barbarie nazie.

C’est depuis cette époque que quelques associations LGBT vont porter cette revendication. Pour autant, aucune demande officielle ne sera faite avant que notre association n’essaye de respecter le dernier vœu de Pierre Seel, décédé en novembre 2005. L’association, par ailleurs, poursuit ces démarches pour l’attribution d’une rue toulousaine d’ici fin 2007 [notre pétition]

Après avoir été reçu longuement vendredi 17 août, le Secrétaire d’État s’est prononcé favorablement à ce projet, affirmant le souhait que cette plaque commémorative puisse être dévoilée en 2008.

Cette entrevue s’est déroulée après la décision négative rendue lors d’une 1ère réunion consultative des rescapés du STRUTHOF, en juin dernier. Ce refus aura été motivé par certains déportés estimant que notre demande était purement communautaire, et certains d’entre eux ont témoigné de leur vécu douloureux à cause de l'homosexualité forcée dans le camp.

Le ministère, rejoint par la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, estime que cette demande est purement historique, mémorielle et pédagogique.

Parmi les déportés de différentes catégories, certains ont fait subir des sévices à d’autres détenus, soit volontairement, soit forcés, souvent par pur instinct de survie. Il n’y pas d’anathème porté et, soyons clairs, c’est la déportation commise par les nazis qu’il faut dénoncer.

Ont été détenus au Struthof, sur 51184 internés, 217 personnes pour motif d’homosexualité, dont une cinquantaine de français venant des départements annexés d’Alsace et de Moselle (chiffres affichés dans le musée du camp). Ne refusons pas la réalité historique.

La reconnaissance institutionnelle de cette déportation, a démarré en 2001 par la publication des premières recherches historiques entreprises par la Fondation pour la Mémoire de la Déportation. Elle sera poursuivie par la déclaration publique de Lionel Jospin, le 26 avril 2001, alors Premier ministre, et par la déclaration du Président de la République, Jacques Chirac, le 24 avril 2005, reconnaissant que des Français ont été poursuivis, arrêtés et déportés pour motif d’homosexualité.

Aujourd’hui, nous continuons à déplorer certaines réticences ou hostilités sur le sujet.

Alors que les autres pays européens ont déjà honoré leur mémoire, la France ne peut indéfiniment reculer et ajourner ce travail d’histoire, de vérité, de responsabilité et de justice.

A nous de poursuivre ce travail de reconnaissance, bien que nombre d’entre-nous, n’ayons pas perdu de proches dans cette déportation. Nous ne nous prévalons évidemment pas d’un statut de victime : nous devons toutefois assumer notre devoir de transmission et de vigilance, comme des « passeurs de la Mémoire ».

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Les "Oublié(e)s" de la Mémoire ©
dernière mise à jour : 22 août 2007