Les "Oublié(e)s" de la Mémoire ©

page actualisée le : 

21 juin 2012

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 



documents culturels :

sur la déportation pour motif d'homosexualité

Témoignages, travaux historiques, essais historiques et oeuvres audiovisuelles

TÉMOIGNAGES

     

ITINÉRAIRE D'UN TRIANGLE ROSE
RUDOLF BRAZDA
La biographie d'un déporté pour motif d'homosexualité
Auteur : Jean-Luc Schwab - Éditeur : Florent Massot (2010)

Informations de l'éditeur :

Un témoignage unique et rare du dernier survivant connu de ces quelque 10 000 déportés que les nazis envoyèrent dans les camps de concentration pour leur homosexualité.
Préfacée par Marie-José Chombart de Lauwe, Présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

En vente auprès de l'association au prix de 25€ (frais d'envoi compris).  Le livre sera dédicacé par son auteur. Bon de commande.

de_pierre_et_de_seel.jpg (132166 octets)DE PIERRE ET DE SEEL
Auteur : Hervé Joseph Lebrun - Éditeur: Hervé Joseph Lebrun

Informations de l'éditeur :

Hervé Joseph Lebrun, photographe et cinéaste, a longtemps travaillé avec Albrecht Becker, le dernier survivant allemand de l'holocauste gay. Pierre Seel, seule personnalité homosexuelle française à avoir témoigné à visage découvert de sa déportation durant la Seconde Guerre mondiale, fait part dans cet hommage bouleversant de sa difficulté de vivre en dénonçant tous les obstacles rencontrés par les lesbiennes et les homosexuels.
"À mon ami Jo, assassiné en 1941. Alors que les haut-parleurs diffusaient de la musique classique, les tortionnaires enfoncèrent violemment la tête du supplicié dans un seau de fer blanc et ils lâchèrent sur la victime les chiens bergers allemands."
     Extraits du livre - Où le trouver

livre_pierre_seel.jpg (56864 octets)MOI, PIERRE SEEL, DÉPORTÉ HOMOSEXUEL
Auteur : Pierre Seel  - Éditeur : Calmann-Lévy

Informations de l'éditeur :

Pierre Seel, décédé le 25 novembre 2005, a rédigé une autobiographie poignante avec l'aide de Jean Le Bitoux qui l'a enrichie de nombreuses annexes. Ce témoignage d'une déportation pour cause d'homosexualité révèle pudiquement les souffrances d'un jeune Alsacien ayant connu les camps de concentrations français, l'enrôlement forcé des "Malgré nous" dans l'armée allemande, la vie sur le front de l'Est et une libération synonyme d'incarcération dans un silence honteux, dont ce livre fut la fin. A l'heure où l'homophobie règne encore sur un nombre impressionnant de pays et de cultures alors que l'Europe semble avoir avancé en ce domaine, Pierre Seel nous montre que nous revenons de très loin.

deportes_homosexuels.jpg (29777 octets)LA DÉPORTATION DES HOMOSEXUELS, onze témoignages Allemagne 1933-1945
Auteur : Lutz van Dijk - Éditeur : H&O (2000)

Informations de l'éditeur :

Le pouvoir totalitaire nazi considérait les homosexuels comme des ennemis de l'Etat au même titre que les opposants politiques. Dès 1935 il avait planifié leur déportation dans les camps de concentration et mis en place un eugénisme virulent visant à débarrasser la race aryenne de ses " scories ". De nombreuses expériences médicales, dont la castration, font partie des pratiques proprement vétérinaires mises en place par cette idéologie démente. Les témoignages poignants rassemblés dans cet ouvrage nous donnent un aperçu concret des rouages de la dictature nazie et de ses effets tragiques sur la vie des homosexuels. Ils nous incitent aussi à réfléchir sur le préjugé homophobe dont les nazis sont loin d'avoir le monopole. Combattre le négationnisme qui consiste à taire la déportation des homosexuels, c'est aussi dénoncer l'homophobie dans ce qu'elle est réellement : non pas une simple opinion, mais, à l'instar de tout préjugé, une construction idéologique négatrice de la personne.

hommes_triangle_rose.jpg (57223 octets)LES HOMMES AU TRIANGLE ROSE
Auteur : Henz Heger - Éditeur : H&O (2006)

Informations de l'éditeur :

C'est un témoignage capital et bouleversant qu'il nous est donné de lire dans ce livre. Parce qu'il est homosexuel, Heinz Heger est arrêté par la gestapo le 12 mars 1939, emprisonné puis déporté au camp de Sachsenhausen. Là-bas, il apprendra à se servir de sa jeunesse et son charme pour survivre. Des années plus tard, il raconte le sort effroyable réservé aux "hommes au triangle rose" par le régime nazi. Son discours, loin du politiquement correct - surtout sur la sexualité dans les camps - choque et dérange encore dans les sociétés d'après-guerre où l'homosexualité reste un délit.
Cette parole, si précieuse pour comprendre les combats d'aujourd'hui, se devait d'être remise à la portée du plus large public.

 

TRAVAUX HISTORIQUES

LA DÉPORTATION POUR MOTIF D'HOMOSEXUALITÉ EN FRANCE

Parution de Mickaël Bertrand [dir.], Lyon, Mémoire Active, 2011, 176 p.

Actes de la journée d’étude organisée en partenariat avec le Centre Georges Chevrier – UMR CNRS 5605 sur La déportation pour motif d’homosexualité en France : débats d’histoire et enjeux de mémoire

Informations de l'éditeur :

Que savons-nous vraiment des déportés français pour motif d’homosexualité ? Depuis plusieurs décennies, des militants et des associations n’ont eu de cesse de faire reconnaître la réalité historique d’une persécution orchestrée à l’échelle européenne par les nazis. Pourtant, jusqu’à une date encore récente, nous ignorions jusqu’au nombre exact des victimes de nationalité française concernées par cette tragédie. Des chiffres aussi surprenants qu’improbables ont été avancés, annonçant parfois des milliers, voire des dizaines de milliers d’homosexuels français conduits dans les camps au motif de leur homosexualité.

C’est pourquoi des historiens ont décidé de se pencher sur cette aspect encore trop méconnu de l’histoire afin d’apporter des réponses aux questions que se posent d’une part les militants homosexuels qui revendiquent une reconnaissance officielle des persécutions infligées à leurs prédécesseurs, et d’autre part les autorités publiques qui sont ainsi interpellées. Ils livrent aujourd’hui dans cet ouvrage leurs premières conclusions concernant la question des chiffres, mais aussi, et peut-être surtout, la réalité quotidienne de ces hommes qu’on destinait à porter le triangle rose dans les camps de concentration. En amont et en aval des arrestations, ce sont en effet les parcours tragiques de plusieurs dizaines d’hommes qui sont exhumés des archives par les différents contributeurs de cette étude collective. Confrontés à l’idéologie nazie qui s’impose progressivement en France, aux évolutions récentes du contexte législatif, ou encore aux complexités administratives des territoires soumis à différents régimes d’occupation, les homosexuels français ont traversé le début des années 1940 dans un contexte exceptionnel qui n’est pas sans influence sur leur histoire et sur leur mémoire.

Les auteurs :

Mickaël BERTRAND est professeur d’histoire-géographie à Dijon. Ses travaux de recherche soutenus à l’Université de Bourgogne portent essentiellement sur l’histoire des homosexualités au XXe siècle et sur les rapports épistémologiques entre l’histoire et la mémoire. Il est membre du comité de rédaction de la revue Genre, Sexualité & Société. Il est à l’origine de la journée d’étude consacrée à la déportation pour motif d’homosexualité qui s’est tenue en octobre 2007 à Dijon et il a coordonné l’édition de cet ouvrage.

Marc BONINCHI est maître de conférences en histoire du droit à l’Université de Lyon III. Lauréat de l’Académie des Sciences morales et politiques, il a notamment écrit Vichy et l’ordre moral (PUF, 2005).

Arnaud BOULLIGNY est doctorant de l’Université de Caen Basse-Normandie. Il est également chargé de recherche auprès de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (FMD) et responsable de l’équipe de recherche sur les déportés de France mise en place conjointement à Caen par la FMD, le CRHQ (Centre de Recherche d’Histoire Quantitative) de l’Université de Caen et le ministère de la Défense.

Florence TAMAGNE est maître de conférences à l’Université de Lille III et membre du comité de rédaction de la Revue d’histoire moderne et contemporaine. Diplômée de l’institut d’études politiques de Paris, elle a soutenue la première thèse d’histoire contemporaine sur l’homosexualité. Spécialiste de l’histoire culturelle du genre, de l’homosexualité et de ses représentations, elle poursuit désormais ses travaux de recherche sur l’histoire du rock et de la jeunesse des années 1950 aux années 1970. Elle a notamment publié sa thèse : Histoire de l’homosexualité en Europe (Berlin, Londres, Paris, 1919-1939) (Seuil, 2000) ; mais aussi Mauvais genre ? Une histoire des représentations de l’homosexualité (La Martinière, 2001).

ESSAIS HISTORIQUES

TRIANGLE ROSE, La persécution nazie des homosexuels et sa mémoire 

par Régis Schlagdenhauffen. Préface d’Annette Wieviorka

 

Notre avis :

Une étude comparative sur la construction de la mémoire de la déportation homosexuelle dans  trois pays européens (Pays-Bas, Allemagne et France), introduite par un rappel historique conséquent du contexte dans les zones d’application de l’article 175 du code pénal allemand.

Il s’agit de la publication condensée (et augmentée de quelques éléments ultérieurs) d’une thèse soutenue par l’auteur en juillet 2009 à Strasbourg, et dont la période d’étude initiale semble s’arrêter en 2007/2008.

 

[ Pour cette recension, nous ne considérerons que les aspects propres à la France et à l’histoire de la répression de l’homosexualité par les nazis. ]

 

La thématique était ambitieuse et devait, entre autres, permettre une vision synoptique de l’histoire récente des luttes militantes pour aboutir à la reconnaissance de cette déportation, notamment en France.

On peut regretter que les citations attribuées à certaines personnes se fassent sous le sceau de l’anonymat, alors que les initiales des concernées ne correspondent pas à celles qui nous sont connues. Cela contribue également à  entretenir une suspicion quant l’exactitude des propos, et ce d’autant plus que, concernant notre propre association, au moins deux affirmations (plus spécifiquement sur les rapports que nous entretenons avec le Mémorial de la Déportation Homosexuelle - MDH) nous laissent perplexes :

 

- page 178, Régis Schlagdenhauffen affirme que nous nous plaçons en « association concurrente au MDH ». Nous ne sommes aucunement en concurrence avec ce dernier. On peut cependant affirmer, qu’au vu de la volonté des institutions de ne plus ignorer la mémoire de la déportation homosexuelle, nous prônons une façon de faire différente qui privilégie un travail avec ces mêmes institutions. Le fait que nous avons été à l’origine de toutes les actions majeures de reconnaissance depuis 2008 (rue Pierre Seel à Toulouse, dépôt de gerbe au Struthof, plaques commémoratives à Mulhouse et au Struthof) nous conforte d’ailleurs dans cette façon de faire. Cette méthode a porté ses fruits, contrairement à celle qui consiste à rechercher la confrontation et les polémiques...

 

- page 184, la note 13 affirme que nous serions « en conflit ouvert avec la MDH » en raison du titre de notre association qui reprendrait à son compte et de façon non autorisée le titre d’un ouvrage de Jean Le Bitoux, dont on sait l’implication dans le MDH.

Rappelons que l’expression ‘oubliés de la mémoire’ a eu - et continue d’avoir - des usages variés dans des contextes historiques variés. Elle ne saurait être considérée comme une création littéraire exclusive de M. Le Bitoux. Croire que nous lui aurions sciemment volé le titre d’un livre, pour reprendre l’accusation que certains sympathisants et membres du MDH continuent de véhiculer (cf. la contribution de Fabrice Bosque dans le recueil de témoignage édité après son décès) est donc une vision très partiale.

Nous n’avons pas recherché le conflit et si, à l’inverse, Jean Le Bitoux avait été en conflit avec nous, nous attendons encore aujourd’hui un écrit de sa part ou de ses avocats avec un exposé de ses griefs.

 

Que l’auteur choisisse de ne livrer qu’une vision des choses dénote d’un manque d’impartialité ou de rigueur, à moins que ce ne soit les deux. Car si l’on considère les interviews et échanges de communications entre Régis et notre président avant la rédaction de ce livre, nous ne pouvons que nous étonner de la teneur des intentions qu’il nous prête.

 

Un besoin de clarification émane également d’une autre des parties-prenantes dans la problématique, et non des moindres puisqu’il s’agit de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (FMD). La mise au point extrêmement sévère dont se fend son directeur dans son trimestriel Mémoire Vivante (N°69) entame sérieusement le crédit de Régis Schlagdenhauffen à qui il est reproché des « analyses et interprétations bancales », un « délire interprétatif » ainsi que des approximations et une éthique qui n’est pas en phase avec celle de la FMD…

 

Malgré des choix et des raisonnements qui n’engagent que son auteur, ce livre a le mérite de référencer de façon détaillée l’abondant corpus littéraire qui existe sur le sujet, notamment en langue allemande, et de procéder au rappel des différents types de répressions endurées par les homosexuel-le-s durant la période nazie. Se voulant un ouvrage de sociologie couvrant la période après-guerre, c’est bien plus le traitement de l’histoire jusqu’en 1945 qui le distingue positivement. Le reste est visiblement sujet à caution.

 

TRIANGLE ROSE - Bande dessinée
Scénariste : DUFRANNE - Dessinateur : VICANOVIC, MAZA - Coloriste : LEROLLE
Editions Soleil

 

Notre avis :

Paris de nos jours. Un travail de groupe pour quatre lycéens va servir de point de départ au flashback de l'arrière grand' père de l'un d'eux.
On découvre alors sa jeunesse dans le Berlin homosexuel branché, la montée du nazisme et le début de la répression qui conduit les plus chanceux à l'exil et d'autres en camp de concentration. Est aussi abordée la question du traitement des lesbiennes par le régime nazi. Pour en couvrir une facette, le scénariste rajoute le personnage d'une femme victime d'un viol "correctif". Le tout fini sur le constat de la reconnaissance officielle tardive de la déportation des homosexuels, avec - et c'est un peu dommage - un personnage très amer et aigri et des lycéens pas plus avancés.
Malgré certaines erreurs historiques, notamment concernant l'évolution juridique du paragraphe 175 après-guerre, cet ouvrage demeure une remarquable mise en images de l'homosexualité libre et insouciante dans l'Allemagne des années 1930, et notamment à Berlin. On y trouve aussi des représentations dures de la répression policière, de l'internement carcéral et concentrationnaire. Facile d'abord, cette BD est à recommander, malgré sa teneur très sombre et pessimiste.

LE IIIè REICH ET LES HOMOSEXUELS
Thomas Rozec (Éditions Hermann Histoire, 2011)

Notre avis :

Si la volonté affichée de mettre en lumière les relations troubles entre nazisme et homosexualité séduit par son originalité, on ne peut que déplorer le manque flagrant de rigueur formelle et intellectuelle prévalant de bout en bout dans cet opus.

La publication de ce livre est-elle le résultat d’un travail universitaire ? Ce n’est pas précisé, mais il y a une volonté manifeste de son auteur de s’appuyer sur des écrits académiques pour étayer son propos … c’est bien là son seul crédit !
Pour le reste, ce texte foisonne de supputations hasardeuses et va jusqu’à s’appuyer sur un personnage de fiction romanesque pour tirer des conclusions ! Ajoutez à cela des erreurs historiques factuelles, sans parler d’une graphie lacunaire des noms propres ou des termes allemands, pour finir d’en décrédibiliser tout le contenu.
Lorsque, par exemple, il est d’emblée question de Pierre Seel au camp de concentration du Struthof, on ne peut alors qu'augurer de la suite après un départ calamiteux, sur une erreur aussi grossière. Les précisions données plus loin dans le livre persistent dans cette méconnaissance des faits, allant jusqu'à faire débuter l’internement concentrationnaire supposé de Seel au Struthof, un mois avant la mise en service du lieu ! Est-il encore besoin de rappeler que son internement se fit au camp de Schirmeck de mai à novembre 1941, et non au camp de concentration de Natzweiler-Struthof ??

Il aurait été aisé de poursuivre par d’autres exemples, notamment certaines hypothèses farfelues que développe l’auteur, mais cela s’avérerait par trop fastidieux dans cette rubrique. Contentons- nous de dire que Thomas Rozec tentait d’aborder un thème délicat et assez peu exploité. Son angle d’approche n’était pas inintéressant, mais son raisonnement souffre de l’indigence manifeste de son argumentation ! C’est regrettable, car le sujet aurait mérité un traitement autrement plus sérieux.

Voilà bien un livre qui ne devrait pas faire date !

 

LES ONDES DE LA TOURMENTE
Auteur : Marc Devirnoy
Mémoire Collective Editions

Notre avis :

De lecture agréable, cette histoire d'amour naissant se déroule avec pour toile de fond l'apparition de ce nouveau média qu'est la radio. Inspirée des parcours revisités de Pierre Seel et d'Aimé Spitz, cette fiction historique recrée l'atmosphère de l'Alsace-Moselle, mais aussi du Berlin et du Paris de la grande époque de l'émancipation homosexuelle. Cette période émancipatoire de l'entre-deux-guerre sera stoppée en Allemagne par l'arrivée au pouvoir des nazis, alors qu'en France, et notamment dans les régions limitrophes, anciennes possessions allemandes, on assiste à une montée de la peur suscitée par le nouveau maître de l'Allemagne et au durcissement de la morale publique.

Il ne s'agit pas ici d'un récit sur la déportation des homosexuels en tant que telle. Elle n'est évoquée que vers la fin de l'ouvrage, avec quelques points historiques ou factuels qui prêtent parfois à débat. Mais c'est avant tout une fiction qui n'en demeure pas moins une lecture à recommander, ne fut-ce que pour mieux situer la réalité particulière de l'Alsace et de la Moselle. Butins de guerre après le conflit franco-prussien de 1870, ces territoires retournés à la France en 1918, annexées de fait par l'occupant nazi dès juin 1940, souffriront particulièrement sous la férule nazie. Si l'incorporation de force de classes d'âge entières dans la Wehrmacht ou la SS restera longtemps un stigmate, c'est aussi de ces régions que sont issus la grande majorité des Français déportés pour homosexualité.

oublies_memoire.jpg (32735 octets)LES OUBLIÉS DE LA MEMOIRE
Auteur : Jean Le Bitoux - Éditeur : Hachette Littérature (2002)

Informations de l'éditeur :

Le 30 janvier 1933, Hitler est élu chancelier du Reich. La haine nazie contre les homosexuels se déchaine : les Allemands doivent avoir des enfants, de très nombreux enfants, de futurs soldats combattant pour la grandeur de la nation et de la race. Les homosexuels sont donc des adversaires, des ennemis qu'il importe d'identifier et d'éliminer.
L'homophobe paragraphe 175 du Code Pénal est aggravé par les nazis. 100 000 homosexuels sont victimes de délation, fichés, pourchassé par la police et les SS et condamnés. 10 000 d'entre eux sont conduits en camps de concentration. Ces persécutions étendues aux territoires annexés frappent ensuite l'Alsace et la Moselle. A la Libération, victimes, témoins et historiens se taisent, la déportation homosexuelle est écartée de la mémoire nationale. A partir de sources nombreuses et variées, de témoignages, d'entretiens avec Jean-Paul Sartre et avec Michel Foucault, Jean Le Bitoux restitue cette histoire refoulée et nous interroge : pourquoi les homosexuels déportés sont-ils les oubliés de notre mémoire collective ?

 

brochure_deport_lyon.jpg (49056 octets)LA DÉPORTATION DES HOMOSEXUELS

Actes des 4ème assises internationales de la mémoire gay et lesbienne
Auteurs : Marc Boninchi, Magali Boumaza, Andreas Pretzel
Editeur : Bibliotheque Municipale de Lyon (2006) - Collection : CATA EXPO


Informations de l'éditeur :

La Ville de Lyon, Capitale de la Résistance, à travers deux de ses institutions, le Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation et la Bibliothèque Municipale, a choisi d'aborder publiquement la question de la reconnaissance de la déportation homosexuelle qui fait débat avec les meilleurs spécialistes, français et allemands. C'est tout à l'honneur d'une ville où le devoir de mémoire se conjugue au présent.

 

OEUVRES AUDIOVISUELLES

L'ARBRE ET LA FORET
Réalisateurs : Olivier Ducastel et Jacques Martineau
Édition : Ad vitam - 1h 34min - 2010 - DVD

Informations de la production :
Synopsis : Depuis près de soixante ans, Frédérick cultive un secret. Autour de lui, seuls sa femme et son fils aîné savent la vérité sur son histoire. La mort de ce dernier, avec qui il entretenait des rapports conflictuels, le conduit à révéler enfin à ses proches ce qu’il n’avait jamais pu dire.

Un exceptionnel documentaire accompagne le beau film de Ducastel et Martineau, L'arbre et la forêt. Sobrement intitulé Paragraphe 175, il raconte la genèse et l’application par les nazis de la loi «anti-sodomie» instaurée en 1871. Grâce à des témoignages d’homosexuels rescapés des camps, les auteurs du documentaire, font revivre une nouvelle page sombre de l’Allemagne hitlérienne. «Les rumeurs devenaient des preuves», assène une voix off pour résumer l’esprit de délation qui régnait sous le IIIème Reich et qui a envoyé dans les camps de concentration des milliers d’homosexuels avérés et présumés.


Notre rencontre avec les réalisateurs

 

Paragraph 175.jpg (42350 octets)PARAGRAPHE 175 - Documentaire
Réalisateurs : Rob Epstein, Jeffrey Friedman - Edition : Eklipse (2005)

Informations de la production :

"Paragraphe 175" est un film essentiel. Comme l'était "Celluloid closet", qui remettait en lumière ce qu'Hollywood avait voulu cacher : l'homosexualité. Mais ici, cet essentiel est plus douloureux, plus à vif, insoutenable même tant il prend à contre-pied un véritable déni historique, tant il rempli un vide : un pan entier de notre histoire occulté par les ouvrages historiques et absent des commémorations officielles. Parce qu'il n'existe que très peu d'archives pour raconter cela, Friedmann et Epstein ont utilisé la mémoire de quelques survivants, dont Pierre SEEL, leurs souvenirs, leur douleur jamais apaisée. C'est pour cela, pour ces mots et ces visages, cette mémoire à vif d'un temps où les homosexuels étaient persécutés et assassinés, que "Paragraphe 175" est un film indispensable. Découvrez le site du film.

 

NDLR : Il n'est plus édité pour l'instant. Il est disponible en bonus sur le DVD de L'ARBRE ET LA FORET (présenté ci-dessus)

bent.jpg (49870 octets)BENT - Film
Acteurs : Clive Owen, Lathaire, Bluteau, Ian McKellen, Mick Jagger
Réalisateur : Sean Mathias - Studio : KVP (2003) - DVD


Informations de la production :

A travers la dramatique histoire d'un couple d'homosexuels, évocation de la ségrégation et du martyre de ces derniers pendant la Seconde Guerre mondiale, qui bien souvent préféraient se faire passer pour juifs, plutot que porter le triangle rose réservé aux homosexuels.
Un film d'une telle qualité est rare. Le sujet (la déportation des homosexuels par les nazis) n'a été que très rarement traité... Il donne lieu ici à un film sobre, sans complaisance morbide, presque stylisé dont l'interprétation est un tel tour de force que l'on se demande comment des acteurs peuvent faire, à ce point, percevoir l'horreur qu'ont vécue ces oubliés de l'histoire. Des milliers d'homosexuels porteurs du fameux triangle rose sont morts sans que personne se préoccupe de les reconnaître comme victimes du nazisme... Ce film, réelle oeuvre d'art, est donc aussi un travail de mémoire... Il faut voir ce film inoubliable et en parler autour de soi...

amour_a_taire.jpg (53093 octets)UN AMOUR A TAIRE - Téléfilm
Acteurs : Jérémie Rénier, Bruno Todeschini, Michel Jonasz, Charlotte de Turckheim, Louise Monot
Réalisateur : Christian Faure - Studio: Optimale - DVD


Informations de la production :

A tous ceux qui ont apprécié ce superbe téléfilm lors de son passage sur France2, je conseillerai de visionner ce DVD pour la richesse de ses bonus. A toutes les qualités de la "fiction", s'ajoute dans les bonus les commentaires de Jean Le Bitoux qui explique qu'il n'y a pas eu de rafles d'homosexuels. Mais si Jean (le héros du film) est envoyé en camp c'est surtout parce qu'il aurait pu recueillir les confidences de son pseudo-amant gradé allemand. Les scènes les plus atroces de la vie en camp de concentration sont inspirées du témoignage de Pierre Seel ("Moi Pierre Seel, déporté homosexuel").
En bref, l'alliance subtile des sentiments, de l'intelligence, de l'engagement et d'une recherche historique dans une fiction qui honore le service public de la télévision.

amants_hommes.jpg (57031 octets)  AMANTS DES HOMMES - Reportage
  Réalisatrice : Isabelle Darmengeat (2004)

 

Informations de la production :

Durant le régime nazi, pour faits d'homosexualité, 100000 hommes furent arrêtés, 15000 furent déportés, dont 210 Français.
Depuis l'abolition de la pénalisation de l'homosexualité, un seul déporté homosexuel français a osé témoigner d'une déportation qui peine encore à être reconnue.
En alternant des lectures d'extraits de l'autobiographie de Pierre Seel : ''Moi Pierre Seel, déporté homosexuel" et des entretiens avec des militants homosexuels, Amants des hommes tente de faire vivre une histoire oubliée, de lier le passé au présent, l'homophobie d'hier à celle d'aujourd'hui.
Découvrez le site de la réalisatrice