Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux Justes de France

Dans le cadre de la Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux Justes de France, Les "Oublié-e-s" de la Mémoire ont assisté à plusieurs cérémonies (Paris 3ème, Fossoy et Drancy). Dimanche 17 juillet, notre président national et une délégation ont participé à la cérémonie nationale qui s'est tenu au monument commémoratif de la rafle du Vél’ d’hiv’ à Paris.

Un millier de personnes, pour la plupart de la communauté juive de France, ont assisté dimanche à Paris à une émouvante cérémonie d'hommage aux victimes de la rafle du Vel d'Hiv en 1942, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des gerbes de fleurs ont été déposées devant le monument commémoratif de la rafle des 16 et 17 juillet 1942 au Vélodrome d'Hiver, où plus de 13.000 juifs avaient été retenus prisonniers, avant leur acheminement dans les camps d'Auschwitz et Birkenau.

Des chapiteaux avaient été installés au square des Martyrs juifs, à proximité de l'endroit où se dressait le Vel d'Hiv, sur une place jouxtant la Seine. D'anciens déportés, ainsi que des descendants de ceux qui ne sont jamais revenus des camps, assistaient à la cérémonie, en présence notamment de Simone Veil.

L’assistance fut saisie d’émotion à l’écoute de Madame Veillith, évoquant sa grand-mère, protestante, née Dora Rivière, médecin ophtalmologiste qui, dès 1941, s’est engagée dans la Résistance. Elle a créé des filières de sauvetage permettant de cacher un nombre d’enfants juifs, avec l’aide de son frère, propriétaire d’une société de transport, notamment à Chambon-sur-Lignon. [discours intégral]

Cette rafle est le "symbole de la collaboration de la France avec un régime assassin" et "entache de sa marque indélébile l'histoire nationale (...) à ne jamais oublier", a déclaré Raphaël Esrail, président de l'Union des déportés d'Auschwitz. Il a ensuite plaidé pour la création d’un espace muséographique sur le site d’Auschwitz-Birkenau, tout en respectant l’authenticité des lieux : «Nous haïssons Birkenau mais une partie de nous-même est restée la bas». Il a fait part du soutien qui lui est apporté par des survivants à travers l’Europe, de Simone Veil, Présidente d’Honneur de l’UDA et des institutions françaises telles la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (FMS) et le CRIF. Il a évoqué le travail inlassable de mémoire : «Saluons notre Nation qui nous réunit pour ne pas oublier». [discours intégral]

Au Vel d'Hiv, "c'était l'enfer... On a vu défiler des enfants, des bébés, des grabataires, des femmes enceintes, rien n'avait été prévu pour eux, il n'y avait pas d'eau, pas de nourriture, la chaleur était humide et étouffante", a témoigné Arlette Testyler, une des survivantes de la rafle, alors âgée de 8 ans. "J'ai assisté à des suicides, à des avortements... ça a été l'horreur totale".

"En ce mois de juillet 1942, des Français ont commis l'irréparable (...) Ils ont bafoué les valeurs de la République, bafoué les racines judéo-chrétiennes de la France, ce pays de cultures et de sang mêlés", a déploré le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, Marc Laffineur.

"Aujourd'hui, la France se souvient" et "regarde en face cette part d'ombre de son Histoire", a-t-il poursuivi, avant de rendre hommage aux Justes, "ces hommes, ces femmes qui, durant ces années de cauchemar, écoutèrent leur seule humanité pour venir en aide à tous ceux qui tombèrent sous le joug d'une idéologie raciste, criminelle".

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